Jeudi 23 février 2006
4
23
/02
/Fév
/2006
15:39
C'est en 1987 qu'on entendra pour la première fois parler d'un jeune dessinateur de 24 ans, Kia Asamiya. Tout droit sorti d'une école de dessin, il s'est fait engager par l'un des plus grands éditeurs de livres de l'archipel nippon, Kadokawa Shoten. Son premier manga, Vagrants, chroniques de l'étoile divine, se terminera dès son second volume, pour le plus grand bonheur de ses fans d'aujourd'hui. S'il est vrai qu'à l'époque cette BD a remporté un certain succès, aujourd'hui on ne pourra que déplorer son manque de finition. Un dessin médiocre, des trames inexistantes, et ne parlons pas du scénario sans queue ni tête, où l'auteur semblait plus perdu que nous. Il doit beaucoup s'amuser aujourd'hui à constater l'embourbement de Bastard !! Le scénariste aurait déjà mieux fait d'éviter de mélanger quatre histoires sans aucun rapport entre elles, passant ainsi d'une colonie spatiale à un royaume enchanté...
On lui propose toutefois, après la fin de ce manga, d'enchaîner sur l'adaptation en manga d'un film live de Masato Harada, Gunhed. Cette oeuvre de SF qui ne fascinera guère que les amateurs de méchas a au moins le mérite de proposer des musiques de Toshiyuki Honda (Tôkyô Babylon) et des véhicules dessinés par le grand Shôji Kawamori (Macross, Cyber Formula) lui-même. Le manga est bouclé en un tome vite fait bien fait, pas spécialement meilleur que le film... Mais en tout cas pas moins bon. Il sera d'ailleurs traduit en anglais chez Viz Comics, dans une affreuse version colorisée correspondant à l'air du temps d'alors...
Il est plus que temps pour Asamiya d'entamer son premier véritable manga-culte, Silent Möbius. Lui aussi publié en partie aux USA (jusqu'au volume 4), colorisé à ses débuts et heureusement rétabli en noir et blanc par la suite, ce manga connait un succès relativement plus grand en Occident qu'au Japon. Il faut dire que son rythme de parution lentissime (un volume par an) a le don d'énerver les Japonais. En 1994, l'auteur ajoute une pierre à son édifice avec Möbius Klein, un volume zéro qui n'aura probablement jamais de suite, et qui raconte le passé des parents de Katsumi, en 1999, avant même sa naissance. Ce très bon manga a eu droit à la récompense ultime, une adaptation au cinéma. Deux films, sortis respectivement en été 91 et en été 92, qui racontent la rencontre de Katsumi avec l'AMP, la mort de sa mère et sa décision de rejoindre la lutte contre les Lucifer Hawks. Le résultat est une pure merveille esthétique, qui remplaça Akira dans le coeur de nombreux anime-fans.
Kia Asamiya a également entamé deux autres mangas, Dark Angel, publié dans le magazine Newtype à raison d'une douzaine de pages par mois, une oeuvre d'heroic-fantasy basée sur le monde de l'antiquité chinoise, et Compiler, une série comique dont le début rappelle un peu Lamu... Celle-ci aura d'ailleurs droit en 1992 à une série de vidéo-clips déjantés et hautement recommandables.
Le tout dernier travail en date de l'auteur se nomme Kidô senkan Nadeshiko, et il est publié dans la revue à succès Shônen Ace (ou paraissent entre autres B'T X et Evangelion). Parodie avouée des meilleures séries de SF japonaises, cette oeuvre mettant surtout en vedette de belles jeunes filles, comme dans Silent Möbius, est déjà adaptée en série TV. Bizarrement, l'un des intérêts majeurs de ce dessin animé vient d'un '' animé dans l'animé '', une série que suivent avec passion les héroïnes à la télévision et pour laquelle on a recréé tout un univers et un scénario de qualité ! Serait-ce une forme d'auto-parodie pour l'auteur, que de montrer de cette manière ce dont il est capable ?